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100 jours après la fleur de vigne, la finale n'est pas encore jouée !
Par Sandrine | 23-07-2026
Pendant que tout le monde regarde le Tour de France et que les sélectionneurs font le bilan de la Coupe du monde 2026, chez nous, la finale n'a pas encore commencé.
Aujourd'hui, nous avons mis en bouteilles nos premiers blancs 2025. Les jus de l’année 2026 sont encore en baie dans les starting-blocks. Comme chaque été, tout se jouera dans les semaines qui viennent... Avant on disait 100 jours après la fleur de vigne, la cueillette débute. Pour 2026 plus de certitude, on s'adapte.
Et, comme chaque année, nous nous rappelons une évidence : on croit cultiver la vigne... mais c'est souvent elle qui nous cultive.
Quand nous sommes arrivés en Bourgogne il y a dix ans, nous pensions apprendre à faire du vin. En réalité, nous avons aussi appris à observer.
Regarder le ciel davantage que son téléphone. (Ce n’est pas si facile dans notre économie de l’attention captée en permanence … oui mais on est en pleine impermanence)
Comprendre qu'une feuille raconte parfois plus qu'un tableau Excel (que j’utilise mais avec modération, la logique du tableur me dépasse)
Accepter qu'une année ne ressemble jamais à la précédente.(effet millésime)
Ces dernières années, la vigne nous parle beaucoup. Vendanges précoces, coups de chaud, gels, sécheresses, pluies qui tombent d'un seul coup... Les scientifiques mettent des mots sur tout cela. Nous et nos équipes le vivons dans les parcelles.
La vigne ne donne pas un avis catégorique, elle porte à la nuance et nous oblige juste à changer le nôtre. c'est un sacré professeur des temps  nouveaux  : elle nous parle  autant qu'elle nous montre.
Souvenons nous de notre avenir !
L' autre jour, un ancien vigneron m'a lancé : « Vous n'êtes pas du monde viticole. ». Il a raison.
Nous ne sommes pas nés dedans. Nous l'avons choisi et nous sommes engagés auprès de nos vignes et pour vous en Bio et Biodynamie.
Et, finalement, ce n'est peut-être pas un si mauvais point de départ. Choisir oblige à rester curieux. À écouter. À accepter qu'on ne sait jamais tout.
Dix ans plus tard, nous continuons à apprendre. Même après quelques milliers de bouteilles. Même après quelques erreurs aussi.
Au même moment, l'intelligence artificielle progresse à une vitesse folle. Elle écrira peut-être bientôt mieux que moi et ça m'agace, elle analysera nos données, nous aidera sûrement à mieux comprendre les vignes. Choc thermique, psychologique ou économique, nous réfléchissons et  agissons pour nos vignes, nos vins et nos paysages.
Mais, sauf énorme surprise, l'IA ne taillera pas les ceps sous la pluie de février et elle ne viendra probablement pas couper les raisins fin août.
Elle ne sentira pas la terre après un orage.
Elle ne remplacera jamais le café partagé à six heures du matin avant d'attaquer une journée de vendanges ni la paulée de fin de coupe
Pour ça, il faudra toujours des humains.
Et c'est plutôt une bonne nouvelle : notre défi est de faire dialoguer nature et technologie, robustesse et analyse.
L'exceptionnel est devenu notre règle, le vin ne sauvera pas le monde toutefois il peut nous rappeler ce qui compte et un peu de bon sens en action.
Et si le vin n'était pas éternel ?
D'un côté il y a dame nature qui est destabilisante donc, de l'autre il y a peu de vous  : on nous demande parfois si l'avenir du vin nous inquiète. Un peu, forcément.
Les habitudes changent. On boit moins. Le monde du vin bouge. Et c'est très bien ainsi si cela nous pousse à faire mieux plutôt que plus.
Nous ne rêvons pas de bouteilles qui impressionnent.
Nous rêvons de bouteilles qu'on a envie d'ouvrir. Celles qui donnent envie de dire : « Tiens, goûte. »
Pas besoin de parler de silex ou de queue de paon ( !! )
Si vous trouvez notre vin joyeux, gourmand, percutant, délicat ou simplement bon, cela nous et vous va très bien. Au fond, chacun écrit sa propre mémoire  du goût et du toucher .
Nous rêvons simplement de vins accueillants plutôt qu'intimidants.
Le vin est fait pour rassembler, pas pour faire passer un examen. (bon j’ai reçu un stagiaire en sommellerie et il a assuré !)
En tout cas soyons un peu provocateurs le vin n'est peut être pas éternel alors buvez bon  !
Et puisque je parle de la finale : les vendanges ...
Nous cherchons encore quelques personnes pour compléter notre équipe à partir du 20 août.
Si vous avez envie de vivre quelques jours au rythme de la vigne, de comprendre ce qu'il y a derrière une bouteille, de partager des repas, quelques courbatures et beaucoup de bonne humeur, répondez simplement à ce mail pour cette période à la fois ultime et décalée.
Je vous promets une chose : ce sera plus vivant qu'un match sur grand écran. Ensemble nous saurons ce qu'une année, un terroir et une équipe représentent !
D'ici là, quand vous ouvrez une de nos bouteilles, pensez simplement à ceux qui étaient dans les rangs de vigne quelques semaines plus tôt ... C'est finalement tout ce que nous essayons de mettre en bouteille.
 
Le Domaine de la Luolle
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